mardi 12 avril 2011
Homard, Filet Mignon des Mers
J'aurais préféré attendre quelques jours avant de présenter un nouvel aliment. J'ai même trouvé une idée intéressante pour le début du beau temps (à Montréal en tous cas), et d'ici la semaine prochaine vous auriez eu un nouvel article.
J'aurais aimé avoir suffisamment de volonté. Sincèrement! Mais, pour le Blog, il faut parfois faire des sacrifices non? - enfin, je m'en sert sans doute comme excuse pour mon dérapage. Comment résister la chair tendre et juteuse et sucrée et salée et savoureuse d'un homard fraichement cuit? (Si vous savez comment y résister, dites moi dans les commentaires, parce que j'en ai aucune idée!)
J'ai énormément de respect envers le rapport entre le prédateur et sa proie lors d'une chasse. Le prédateur se doit de connaître sa proie par coeur s'il désire s'en faire un repas savoureux. Ensuite, le combat entre les deux adversaire, pour voir qui pourra savourer sa victoire en soirée - il y a dans cela un rituel primal qui nous fait nous souvenir de nos origines comme espèce dominante de la planète, où les autres espèces partagent notre monde à condition de nous nourrir de temps à autre.
Le Homard est un crustacé, un animal marin d'eau salée qui vit dans les océans et qui se nourrit de poissons et de mollusques (d'où sa saveur incroyable?), mais aussi de plantes marines. L'espèce existe depuis très longtemps sur Terre, ayant débuté juste après l'ère jurassique, il y a environ 125 000 000 années. Comparé à son adversaire - l'humain -, il a vécu ici un peu moins de 1000 fois plus longtemps! Il est pêché partout au monde, et préparé de toutes sortes de façons. Mais, pour pouvoir vraiment goûter ce que cent millions d'années d'évolution ont fait au filet mignon des mers - un goût salé comme l'océan, une viande douce et sucrée et savoureuse comme telle - , pour vraiment faire honneur à cette espèce ancienne, nous nous devons de le préparer simplement.
Homard Vivant préparé comme il se doit
1 Homard vivant par personne
1 citron frais
1 gousse d'ail
Du beurre (au goût)
Beaucoup d'eau et du sel
Lorsque vous achetez votre homard vivant, assurez-vous qu'il ne se laisse pas prendre sans riposter, qu'il est suffisamment vigoureux. Il est idéal aussi de le cuire dans les heures qui suivent, mais vous pouvez prolonger de plusieurs heures sa vie en le gardant entouré de papier humide, au frais. Lorsque vous être prêts, remplissez le plus gros chaudron que vous avez d'eau - il faudra recouvrir presque entièrement les homards - et ajoutez quelques cuillères à thé de sel, puis faites bouillir à forte intensité. Retirez à l'aide de ciseaux les bandes élastiques autour des pinces du homard - certain disent qu'ils ne changent pas le goût, d'autres considèrent comme hérétiques ceux qui les laissent - moi je dis qu'il mérite le droit d'étirer ses pinces une dernière fois. Soyez extrêmement prudent, et tenez le toujours par le haut du corps, juste derrière les pinces, en vous assurant qu'il ne peut pas attraper vos doigts (vous le regretteriez).
Plongez les homards dans l'eau tête première, puis placez le couvercle (et tenez le un instant) sur le pot. Calculez entre 12 et 15 minutes de cuisson. Ramenez l'ébuillition à un niveau fort, puis réduisez le feu à moyen.
Pendent ce temps, faites fondre une généreuse quantité de beurre à feu moyen-doux dans un petit chaudron. Coupez 4 à 5 gousses d'ail en morceaux, puis introduisez-les dans le beurre fondu. Laissez le cuire quelques minutes, le temps que des morceaux blancs et de la mousse blanche se forme à la surface. Retirez du feu, retirez à l'aide d'une cuillère la mousse ainsi que le gras aggloméré, puis les morceaux d'ail, pour ne garder qu'un liquide clair, jaune doré, au parfum d'ail - du beurre clarifié.
Lorsque prêt, retirez avec des pinces les homards de l'eau, puis placez les sur une planche à découper - elle même placée dans votre évier (essayons d'éviter les dégâts!). Avec un bon couteau, tranchez lui le ventre à partir du haut des pattes jusqu'au bout de la queue. Vous pouvez utiliser des ciseaux de cuisine pour finir la carapace si elle résiste. Puis, avec la pointe du couteau, retirez toute partie noire (il y a un petit boyau qui fait la longueur de la queue, retirez le). Le vert est sans danger, ainsi que les oeufs rouges, et sont même considérés des fins délices par les amateurs. Goûtez-y au moins, puis décidez par vous mêmes.
La moyenne des gens mangent les pinces, le contenu des pattes rattachées aux pinces, puis la queue. Vous pouvez très bien essayer de défaire le corps pour en tirer quelques morceaux de chair délicieux également - dans tous les cas, vous aurez besoin des bons outils pour briser la carapace dure et pour aller chercher la précieuse chair. Trempé dans votre beurre clarifié, ou aspergé d'un citron fraichement pressé, ou les deux! - profitez de chaque bouchée de bonheur marin que ce vaillant homard vous offfre. Accompagnez de pain, de riz ou de salade. Et d'un vin blanc sec et corsé!
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Il a l'air gentil Édouard!
RépondreSupprimerYum yum, le vert et les oeufs c'est tellement bon! Chez nous on le mange nature, sans beurre à l'ail ou citron. J'ai hâte d'expérimenter ta recette!
On a déjà essayé de les couper en deux vivants, et de les cuire au BBQ. Le petit goût fumé était excellent, mais ça fait une chair un peu plus sèche.
Bon, tu m'as donné le goût, maudit!
En effet, il y a des gens qui le coupent en deux. Moi je trouve que ca l'empêche de cuire dans ses propres jus, et mon Dieu que ses propres jus sont délicieux!
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